|
Olympienne Nolwenn !
30/12/2003
Magazine : Oh la !
Star Academy, un album solo, un olympia triomphal… Nolwenn Leroy brule les étapes. Rencontre avec une future grande.
En 2003, Nolwenn Leroy a prouvé son talent. Elle a assuré tout au long d’un parcours qui aurait éreinté des artistes plus aguerris : tournée star academy, enregistrements de Star academy chante Michel Berger et les années 80, hommage à Piaf –avec d’autres artistes-, et de son premier album solo (Nolwenn, Mercury). Sans oublier sa première tournée solo qui vient de débuter par un olympia triomphal. Retour sur cette incroyable année avec la jeune diva sortie de la chrysalide Star academy.
| Articles année 2003
|
Comment définiriez- vous votre année 2003 ?
Une année de travail, beaucoup de travail. Il est vrai que c’était un peu sans précédent comme schéma : il a fallu tout reprendre étape par étape, alors que j’étais déjà connue. Star Ac’ c’était un moyen, pas une finalité. La vraie vie artistique a commencé après. Même si mon album s’est fait très vite. Mais j’ai passé une année exceptionnelle. Signer avec une grande maison de disques, faire un album qui s’est vendu à près de 650 000 exemplaires, et deux tournées… C’est un peu surréaliste.
Avec un peu de recul, quelles sont la force et l’éventuelle faiblesse de votre premier album ?
La force en est la voix. C’est une démonstration vocale : je montre au public que la personne qu’ils ont élue pour sa voix sait chanter sur un disque. La faiblesse réside peut être dans le fait que les chansons ont presque toutes la même tonalité. Mais je suis fière de ce premier album et il semble plaire.

Votre voix est un atout majeur indiscutable. Mais on pressent chez vous un côté artistique, un univers fort. Comment souhaitez vous l’exprimer à l’avenir ?
J’ai déjà commencé avec le dernier single écrit par Laurent Voulzy et le clip. C’était mes idées à la base et je suis contente de les avoir réalisées. C’était un peu plus moi. Et puis la tournée me permet d’installer ma personnalité. Par mon discours, le décor, les visuels. Je crois que les gens sortent du spectacle en me comprenant mieux. J’ai envie de ça. Pendant un an j’ai été associée à l’univers star ac. Maintenant cela s’estompe un peu. Sur le prochain album, il sera très important que je m’investisse encore plus artistiquement, notamment sur le plan de l’écriture. A la base, il est vrai que j’ai été remarquée parce que je suis musicienne, que j’ai une formation classique.
Pour quels horizons musicaux avez-vous envie d’embarquer ?
Grâce à la scène, je sais quelles chansons me plaisent. Sur mon prochain album devront figurer des chansons avec de belles envolées lyriques. Des piano voix, aussi. Parce que les gens aiment cela. Mais je suis faite de pleins de choses, j’ai toujours écouté et chanter de tout. Je suis quelqu’un d’énergique, de dynamique sur scène, donc j’ai besoin de chansons contrastées, un peu plus pop rock. Avec les reprises que j’ai choisi la scène, j’amène plus de mon rêve, de mon univers musical : Tori Amos, les Coors, la chanson celtique. Je reprends mon violon, je joue du piano. Sur scène, je montre ce que l’on a pas vu de moi à la star ac.
Afin de mieux vous connaître, pouvez vous nous dire quels films, quelles chansons vous ont marqué cette année ?
Cela fait un an et demi que je ne suis pas allée au cinéma ! Je vous jure que c’est vrai ! La dernière fois, c’était avant d’entrer à la Star ac. Mais je regarde beaucoup de DVD et je suis une grande fan du Seigneur des Anneaux. Je l’ai lu aussi. Cet univers un peu féerique et fantastique est celui de ma tournée. Cette année, j’ai l’impression d’avoir vécu dans un monde parallèle. Avant j’étais en fac de droit, on me demandait de suivre l’actualité, mais là, je me sens totalement hors du temps ! Je déteste ça. Sinon, dans les nouveautés françaises, j’aime bien Corneille, Mickey 3D, et Martin Rappeneau qui a fait la première partie de mon olympia. Côté étranger, j’adore Norah Jones que j’écoutais depuis très longtemps, avant qu’elle sorte en France, Sophie Ellis Bextor, Christina Aguilera qui est capable de passer du R&B au latino, au rock… J’aimerais tendre vers cela. Cependant pour qu’un disque marche, on a aujourd’hui l’impression qu’il ne faut pas qu’il soit trop « marqué ». Selon une étude que j’ai lue, pour qu’un disque plaise vraiment au plus grand nombre, qu’il fasse plus d’un million de ventes, il faut que ce soit un « disque cadeau », presque un disque de musique d’ambiance. Moi je suis bretonne, je suis attirée par le féerique, le gothique, avec un côté plus moderne. C’est mon univers, celui que je veux décliner.
Comment avez-vous préparé votre première tournée solo ?
J’ai eu très peu de répétitions, comme la plupart des chanteurs ! Je suis souvent dans le « rush ». Mais j’ai eu le temps de penser aux visuels, aux décors, aux lumières, aux types d’univers que je désirais sur scène.
Le vendredi soir, j’ai fait une avant première pour les auditeurs de Chérie FM. La voix était là, mais c’était une catastrophe pour le reste. J’en suis sortie en larmes… Je me disais : « Mon dieu, mon dieu, mon dieu, ce n’est pas vrai ! Rien n’est au point, je suis perdue ! J’ai alors appelé des amis. Ils m’ont dit que les répétitions générales ratées sont souvent suivies de tournée géniales… Le lendemain , pour la première, ce n’était plus la même personne ! J’ai tout donné, je suis allée chercher les gens…
C’était moi et mes fans, surtout. Sans interférence. J’ai eu la chance d’avoir Laurent Voulzy en invité de marque. Il m’a fait cet honneur. Je n’ai pas vraiment eu plus de pression. Pour moi, le public est le même partout. Je me suis sentie bien dans cette salle, moi qui fait beaucoup de Zénith. C’est une salle à échelle humaine, on sent les gens, on les voit… C’est tout de suite chaud, et c’est plus simple d’aller les chercher. Et puis j’ai la chance d’avoir des gens, des artistes qui me suivent, qui viennent me voir comme Lara Fabian, Mauranne, des chanteuses à voix qui m’ont acceptée alors que je débarque. Comme Patrick Bruel, qui était à l’Olympia. Je n’en revenais pas. C’est un mec qui a fait tant de choses ! Je suis vraiment touchée par sa présence, sa générosité. Il m’a toujours donné de bons conseils. Il est venu me voir avant que j’entre en scène et m’a dit : « De toute façon, il faut que tu prennes ton pied. Les personnes qui sont dans la salle t’aiment. Alors, il faut que tu profites de ton olympia. » Ce fut le cas.
Quand tu as 20 ans, tu n’es pas forcément censée être une bébête qui ricane toute la journée ! Effectivement, il est très mal perçu que je ne m’exprime pas sur ma vie privée. Quand on te voit trop, dans tous les supports, quand on a l’impression que tu es la voisine de pallier, eh bien on ne vient pas voir l’artiste en concert. Lorsque l’on va voir un artiste en concert, c’est aussi pour la magie, pour vivre l’instant avec lui. C’est un peu le gros problème de la star ac : quand on a vu une personne pendant quatre mois à la télé dans les situations les plus grotesques, en train de courir dans le château en culotte, il ne reste plus rien. Même si l’on est en 2004 et que l’on pourrait dire, c’est un nouveau type d’artistes, « moi je n’en suis pas convaincue. Je suis contente d’avoir préservé un certain mystère. Mais le problème est que le mystère peut sembler froid. Cependant les gens qui m’aiment, savent que je ne suis pas insensible, même si je n’ai pas envie de me donner en spectacle. Mais je suis heureuse d’avoir fait Star Ac’ –que j’ai toujours pris comme une forme de radio crochet. C’est sur le long terme qu’on vérifiera tout ça. Donc, je tiens à préserver un certain secret, une certaine intimité, mais je suis quelqu’un de simple, proche des gens. Je ne suis pas snob, je sais d’où je viens.
Mais j’ai la foi ! J’ai la foi. L’année dernière, j’étais en fac –en section droit américain, donc avec beaucoup d’heure de cours en plus-, le week-end je bossais dans un super marché pour me payer quelques cours de chant, je ne connaissais personne dans le milieu, j’avais un peu de famille à Paris, mais pas d’argent pour m’installer, pour courir les castings… La première cassette que j’ai envoyé, c’était à Star Ac’. Donc je ne crache pas dans la soupe. Star Ac’ a été la chance de ma vie. Il y a des gens qui n’ont guère de talent et qui sont pistonnés, qui arrivent… Pourquoi aurais-je honte ? Cette émission n’est pas incompatible avec le talent. Houcine, qui en a aussi beaucoup, chantait dans les bals popu à Nancy, dans les mariages. Idem pour Emma et les autres. J’aime ce que je fais. Et j’ai toujours beaucoup rêvé. Je rêvais de ce que je vis maintenant, je me projetais, ce qui me permettait d’être bien dans ma tête même si ma mère craignait que ce soit destructeur pour moi. Je ne sais comment l’expliquer mais j’ai toujours voulu chanter. Sincèrement, je crois qu’il y a une prédisposition, une prédétermination, mais il faut tout de même forcer le destin. Si je n’avais pas envoyé une cassette, on ne serait pas venu me chercher à Vichy ! Je suis certaine qu’on peut accéder à ses rêves, mais il faut se bouger, « aller vers ». Et le ou les échecs ne suppriment pas les potentialités. Même s’il faut se fixer des limites. C’est ce qu’avait déclaré Audrey Tautou –elle vient de l’allier comme moi- dans une interview. Elle s’était donnée quelques années pour tenter les castings. Sinon, elle retournait en fac. J’étais dans la même configuration.
La notoriété ? A Noël, je suis rentrée chez moi. C’est ma famille qui me permet d’être bien dans ma tête, de ne pas « partir en free style », je dirai. Dès que je sens que je vais moins bien, je pars chez moi, je me retrouve dans ma chambre, dans mon lit. Rien n’a changé, j’habite toujours chez ma grand-mère… C’est important. J’ai un pied à terre à Paris, mais c’est pour le boulot, même si j’adore Paris. Après je rentre chez moi, j’ai une autre vie. J’ai un bon équilibre entre les deux.
Que ce soit aussi bien qu’en 2003 ! Sinon, je souhaite plein de bonheur aux gens, qu’ils suivent leur étoile du destin –pas moi, hein, ou alors suivez- là et moi aussi ! Mais j’adresse cela particulièrement aux jeunes qui doivent faire face à beaucoup de problèmes, éviter beaucoup de pièges comme les drogues, l’alcoolisme… Trop d’entre eux ne s’intéressent plus à rien, ne croient plus en rien, n’ont plus de rêves, de passions… Qu’ils aient un rêve, qu’ils y croient. C’est possible, j’en suis la preuve vivante.
consulté 650 fois , ajoutée le 15/07/2005 par Admin